Fin des numéros surtaxés: les centres d'appels demandent un délai d'un an
Fin des numéros surtaxés: les centres d'appels demandent un délai d'un an
Il y a 6 jours
PARIS (AFP) — L'Association française de la relation client (AFRC) a demandé au secrétaire d'Etat à l'Industrie, Luc Chatel, un délai d'un an pour supprimer les numéros surtaxés pour les hotlines, arguant que 10.000 emplois dans les centres d'appels sont menacés par cette réforme.
"Cette loi peut détruire 10.000 emplois", a affirmé vendredi à l'AFP Eric Dadian, président de l'AFRC, qui regroupe la majorité des centres d'appels, un secteur employant quelque 210.000 personnes.
Dans ce courrier, envoyé le 12 novembre et dont l'AFP a obtenu copie, l'AFRC fait part de son "besoin d'aménager une période de transition d'un an minimum pour permettre aux entreprises françaises exploitant des services téléphoniques de relation avec la clientèle, de mettre en oeuvre ces dispositions dans des conditions techniques et économiques efficaces et viables".
Cette mesure, votée le 4 août dernier dans le cadre de la Loi de modernisation de l'économie (LME), prévoit que "le numéro de téléphone destiné à recueillir l'appel d'un consommateur en vue d'obtenir le bonne exécution d'un contrat conclu avec un professionnel ou le traitement d'une réclamation ne peut pas être surtaxé". Elle est entrée en vigueur le 1er janvier.
L'AFRC pointe les difficultés techniques pour mettre en place cette nouvelle tarification, qui en outre, selon elle, "entraînera indéniablement des effets pervers en favorisant des appels parasites ou intempestifs".
De plus "ces dispositions imposent de financer autrement les services clients, ce qui représente un coût direct de plus de 100 millions d'euros pour le secteur".
"Il faut du temps pour trouver un nouveau modèle économique", a expliqué à l'AFP Eric Dadian, qui suggère de s'inspirer de pays étrangers où le coût du service client est inclus dans l'abonnement ou le prix du produit.
Enfin, ce "bouleversement brutal - car non anticipé ni accompagné - (...) constitue à l'évidence une menace grave pour l'emploi dans le secteur des centres d'appels téléphoniques en France", poursuit le courrier.
Dans sa réponse, datée du 8 décembre et dont l'AFP a obtenu copie, Luc Chatel rappelle que "depuis plusieurs années déjà, les consommateurs manifestent une certaine incompréhension face à la généralisation des numéros surtaxés" et assure qu'"en la matière l'intérêt des consommateurs ne s'oppose pas à celui des professionnels".
Le secrétaire d'Etat avait alors proposé, "afin d'évoquer le sujet en toute transparence", une "réunion d'échange" avec la Direction générale de la concurrence (DGCCRF), les représentants des entreprises et des consommateurs, "avant la mi-décembre". Selon M. Dadian, aucune réunion n'a depuis été organisée.
Interrogé, Bercy assure toutefois qu'une réunion a bien été organisée, le 10 décembre, avec le Medef, une vingtaine de représentants d'entreprises du secteur et des associations de consommateurs.
Cette réunion "s'est bien déroulée" et le "climat de compréhension réciproque" a incité M. Chatel a "demandé à ses services de faire preuve de compréhension" s'ils constatent un manquement dans l'application de la loi durant les premiers mois, refusant toutefois l'idée d'un moratoire d'un an, ajoute Bercy.
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